L'optimisation utilise des techniques légitimes : cotiser aux régimes de retraite, utiliser déductions et crédits, structurer les investissements immobiliers dans des véhicules fiscalement efficaces, choisir des juridictions favorables pour résidence ou siège. Les systèmes modernes intègrent de plus en plus des règles générales anti-abus (GAAR) pouvant écarter les montages sans substance économique.
L'évasion fiscale est en revanche une fraude : cacher des revenus (travail au noir, comptes non déclarés), gonfler les déductions, fausses factures, double comptabilité, requalification volontaire. La plupart des juridictions sanctionnent l'évasion par amendes pouvant atteindre plusieurs fois l'impôt non payé, plus emprisonnement. La Suisse est singulière en distinguant simple soustraction d'impôt (contravention) de fraude fiscale (crime impliquant faux documents).
Entre les deux se trouve la 'planification fiscale agressive' — montages techniquement légaux mais conçus pour contourner l'esprit de la loi. La directive UE DAC6 oblige les intermédiaires à déclarer les arrangements transfrontaliers à indices d'agressivité. Beaucoup de règles post-BEPS (anti-hybride, GAAR, tests d'objet principal dans les conventions) visent cette planification.
Avocat indépendant maximisant son 3e pilier, déclarant des frais de bureau légitimes, faisant des dons : optimisation, légale. Le même avocat empochant des honoraires en espèces sans les déclarer : évasion, illégale, jusqu'au triple de l'impôt évadé plus casier.